Qui est donc Jean Dantesque…? Ou qui n’est il pas…il n’est pas celui que l’on pense et il est multiple, poète à ses heures, écrivain peut être…;

Avec vous Jean Dantesque grandira et deviendra ce qu’il pourra devenir ou disparaîtra dans l’oubli!!!

M. Dantesque, éveillez vous, il est temps d’être!!!

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Délivrance (Seconde partie)

Me voici donc enfin dépourvu des atours qui empoisonnaient mon existence, je peux maintenant laisser libre mon esprit de toutes fantaisies inutiles et le rendre enfin fécond. Je me suis libéré de ces choses qui deviennent nauséabondes quand elles sont mal utilisées et quand elles prennent le pouvoir de sa destinée propre.
Je me sens plus léger, plus de barrière mais plus de garde fou… J’ai détruit en quelques jours ce qui m’a prit une moitié de vie à construire.
Edifierai je maintenant de nouvelles tours de garde ou laisserai je sans protection mon devenir? Je n’ai guère envie de me poser ces questions…je laisserai le temps en décider. Ainsi faisant et sans prendre corps avec cet avenir, il deviendra peut être celui que je recherche…
Sans questionnement et sans boussole, je file droit…l’onde me porte et les vagues me suivent…je ne combat plus le courant, il est si bon de se laisser porter.

Mon esprit se laisse aller mais en est il libre pour autant…? Non…pas de problématique nouvelle, je n’en ai que faire de pondérer ma liberté selon le chemin emprunté. Ma liberté sera celle du plus grand nombre, et son  dénominateur commun sera la direction dans laquelle nous allons tous. Si tant est qu’il en existe une et qu’un dénominateur commun puisse prévaloir ici.



Délivrance (Première partie)

Vous espériez que je cesse de me battre;
Vous escomptiez que je ne vous combatte plus…mais il n’en est rien, toujours debout, toujours présent, au delà de vos inimitiés et de vos basses besognes, je souffre toujours un peu plus mais vous ne réussissez pourtant pas à m’abattre.
Je vous dirai tous ces mots que vous détestez entendre de ma bouche, je bousculerai toujours vos idéaux morbides et vos complaintes surannées.

Susurrez moi donc mon avenir à l’oreille, susurrez moi tout cela, faites moi rêver bande de ploucs! Je jouirai de vos défaites successives…enfilez vos perles autour de mon cou profane…serrez si fort que le souffle vienne à me manquer, dernières respirations, dernières bousculades crâniennes, le dur labeur ne pourrait se terminer ainsi.

Rien de vous n’aura bientôt plus d’importance, d’heure en heure, d’instant qui court à ces moments suspendus, vous vous éteignez lentement. Votre pâleur rageuse s’estompe, vous enfreignez vos dernières barrières, vous brisez vos derniers os sur mon existence close. Prenez donc le temps de vous regarder en face, et vous comprendrez qu’il faut partir.

Tel de vieux couples, effilochés du temps qui passe, nous nous ennuyons. Je connais tout de vous; Vos derniers soubresauts d’intérêt se résument à de biens piètres tentatives d’obligeance…Je ne vous dois désormais plus rien. Crevez aussi bien que je vous ai nourri durant tout ce temps. Crevez la gueule ouverte et les paupières closes, je ne vous sauverai plus désormais. Loin de moi l’idée d’une félicité quelconque, l’absence de souffrance suffit largement à ébrécher cette idée de persistance morne. Fuyez moi à présent car rien de bon n’adviendra pour vous dorénavant, je mène enfin la danse et de piètres danseurs vous faites. Devenez donc mes marionnettes, je me joue de vous comme on se joue des flammes qui paradent en disparaissant au bout de la mèche. Chuuuut…

Qu’il me semble lointain ce temps où vous pouviez si facilement me défaire. Qu’il me semble stupide ce temps ou je vous gardais près de moi comme une perle rare. Qu’il me semble fou ce temps ou je m’éreintais à ne point vivre. Aujourd’hui je rêve à nouveau de vous occire un à un, mes vieux ennemis. Je vous saignerai comme on saigne les porcs car je veux que chaque instant de cette mise à mort soit aussi long que possible. Ah je bande à la simple idée de vous entendre me demander pardon et me réclamer l’onction christique. Je vous donnerai l’extrême-onction sans compassion aucune. Je veux vous entendre geindre et gémir. Ne vous débattez plus, crevez vite maintenant et vous ne souffrirez pas, persistez et vous trépasserez cent fois en d’immenses douleurs.

Allez y…je ne vous entend pas…vous voudriez que je vous parle tout bas peut être…

Ne pars pas ma bêtise que je t’enlace une dernière fois si tant est que tu désires fuir, que je te prenne par la main et que je te mène au centre de la place pour te mettre à mort.  Mon manque de jugement a souvent fait de moi la proie de mes divagations. Maintenant je ne veux plus, je veux être droit dans mes bottes et sur des rails bien rectilignes.

Et toi ma jolie folie passagère, je te mets dans une cage d’où tu n’aurais dû jamais t’enfuir…Je ne veux plus crier aux loups, je veux faire partie de la meute et courir après le temps qui passe. Vas y gueule à travers les barreaux mais tes cris sont sourds et ta voix se perd peu à peu dans l’abîme.
Je ne t’oublie pas ma peur du vide…je te mènerai en haut des cimes pour que tu y trembles à jamais, je veux pouvoir me complaire dans le vide et enfin ne plus sombrer au fond des gouffres qui ne finissent pas de t’attirer, chère amoureuse transie. Je me sens enfin plus léger…mais il me reste encore quelques ennemis intimes à éradiquer, enfin me conformer à la norme…enfin…si tant est que cette norme existe, je veux pouvoir m’y confronter et faire qu’elle devienne mienne, sans artifice…

Que reste t il de vous alors?…toi ma conscience cesse de friser l’inconscience certaine mais rentre dans ce moule que je te donne. Je coupe tout ce qui dépasse. Je coupe, je ronge, je m’érode comme le flanc des rochers aux caresses des vagues…le va-et-vient constant de mon inconstance propice au élucubrations inutiles cesse. Les vagues se figent au firmament de vos morts et tout devient enfin calme, apaisé de tant de rage passée.

Alors, je ne vous entend plus…votre silence en dit long; Vos airs se sont tus, c’est bien, je peux enfin m’entendre et me taire tandis que vous ne cessiez de me faire écouter vos plaintes. Je respire enfin…enfin d’équerre, enfin tranquille…Moi tout seul, sans artifice et sans complice!



Improvisation

Regardes les gens qui passent et tu sauras qui ils sont…
Regardes les gens qui marchent et tu connaîtras leur profonde angoisse…
Des petits culs de ci de là, des poitrines généreuses qui se balancent, des petits vieux au ralenti désireux de se mêler à la bousculade, des hommes pressés d’arriver à leur quotidien morbide, des femmes déambulant le talon haut et le visage morne, des étudiants aux chaussures lourdes…une animalerie humaine se dégage de ce tableau burlesque et enfantin. Assis à une table, lunettes noires rivées sur le nez, café à la main, il se désespère de tant d’humanité vide, sans aucun relief; Aucune personnalité ne se dégage de cette masse informe et incertaine.
Il aimerait tant les recouvrir de merde et qu’ils puissent enfin se réveiller de leur profonde léthargie…
A quoi bon, restez avec vos paupières closes et vos mains vides;
Et pourtant, il faudra bien les aider un jour ou l’autre, leur expliquer peut être que la vie n’est pas une succession de certitudes mais un torrent d’équivoques;
David, plein de bonté, ne voulait que cela, permettre au trop utile de parachever l’accessoire; Vivre finalement sans crainte des autres, de leur tourment et de leur bétise.
Mais l’homme aime profondément sa dépendance à l’utile superfétatoire. L’homme en costume cravate bleu gris, téléphone dans une main, cartable en cuir dans l’autre, traversant la foule le pas toujours pressé, sans cesse certain de son utilité pour avancer…s’il prenait une fois le temps de s’arrêter et de laisser les gens le dépasser, il verrait à quel point il n’a rien de différent face à celui ou celle qui le dépasse…son monde alors s’écroulerait de ce manque terrible d’unicité, David pourrait alors lui permettre d’oublier tout cela, ils pourraient s’asseoir ensemble et regarder ce monde immobile qui se targue d’avancer pour vivre.
Il était dix heures du matin…rien ne s’était passé…une colonie de fourmis… Pathétique. Une jeune femme alors prit la table près de lui; Jolie robe, beau décolleté, sourire rouge aux lèvres…elle déposa si délicatement ses fesses sur la chaise qu’il se dit que, peut être, une rencontre se jouait…
- Bonjour, je peux vous offrir un café? lui dit il en relevant ses lunettes.
- Pourquoi voudriez vous m’offrir un café? Vous ne connaissez pas et je n’aime pas particulièrement les inconnus dragueurs;
- Je ne vous drague pas, je vous offre simplement un café; Voilà déjà une heure que je regarde la foule et enfin vous apparaissez et quelque chose se passe…
- Vous voyez bien…vous me draguez, je viens de m’asseoir et vous me donnez l’envie de changer de table.
- N’en faites rien mademoiselle, je voudrais simplement discuter un peu…
- Madame.
- Très bien, vous êtes en bonne compagnie j’imagine, cela ne pourrait en être autrement.
- Pourquoi?
- Car contrairement à toutes les femmes que j’ai vu passer durant cette heure, vous êtes la seule à avoir délicatement posé vos fesses près de moi. Vous ne vous souciez pas forcément de votre apparence mais
vous vous souciez surtout du plaisir que vous donnez aux hommes qui vous contemple. J’aime ca.
Le serveur arriva près d’elle;
- un café s’il vous plaît et c’est ce monsieur qui paye.
- Venez vous asseoir là si vous voulez; lui dit David en désignant du doigt la chaise près de lui.
- pourquoi pas. Elle se leva, toujours désirable et s’assit une nouvelle fois délicatement sur la chaise que lui tirait David.
- Ma délicatesse vous a plu?
- Oui madame, parfaitement.
Il y a toujours dans ce monde des instants suspendus, des moments uniques…le silence de quelques secondes entre eux en fut un. Un silence parfait…un désir commun peut être de rompre la banalité quotidienne.
- Je ne me suis pas présenté, je m’appelle David, enchanté de vous rencontrer.
- Enchantée David, je suis Annabelle;
- Que faites vous dans la vie?
- Je suis attaché de direction dans une société…
- Non je voulais dire que faites vous dans la vie, je ne caractérise pas les gens par leur travail, ce serait trop inintéressant.
- Ce que je fais dans la vie…j’essaye d’être heureuse!! lui dit elle en souriant.
- y arrivez vous?
- je pense…
- Mais vous n’en êtes pas certaine.
- Comment être certain de ce genre de chose!
- Je ne sais pas, cela paraît comme une évidence, aucune question ne se pose…
- Et vous David, que faites vous dans la vie?
- Je prend mon temps!
- Dans quel but?
- Sans aucun but, je laisse mes désirs d’un temps me guider vers l’instant suivant.
- Contemplatif?
- Non, je ne suis ni proche de Dieu, ni proche de la nature, à l’instant précis où je vous parle, je suis proche de vous.
- Humaniste?
- Tout sauf rationnel, rien ne m’ennuit plus que notre humanité commune, ce sont nos intérêts particuliers qui me charment.
- Je dois donc avoir un intérêt particulier, si vous m’offrez un café?
- Simplement le fait de m’avoir charmer en arrivant à cette terrasse…
- Vous me draguez vraiment finalement,
- Je ne vous drague pas, je ne vous vend rien de moi, je ne vous accable pas de pâles compliments, vous êtes assise près de moi et cela suffit à combler ma journée d’un instant sortant de l’ordinaire!
- Il va falloir que j’aille travailler maintenant…
- Vous perdrez de votre charme alors;
- Il le faut bien, je ne suis pas rentière!
- Une matinée libre de tout, vous êtes déjà en retard, restez avec moi.
- Je ne suis pas en retard, j’avais rendez vous ce matin;
- Restez là, nous pourrions déjeuner ensemble et ensuite vous retournerez dans votre réalité. Je vous en extirpe simplement durant quelques heures.
- Dans quel but?
- Faut il absolument trouver un but à chacune de nos actions pour en légitimer l’intérêt? Nous sommes tous les deux, nous discutons, je vous regarde…c’est suffisant.
- C’est assez agréable en effet. Vous me tenteriez presque!
Elle était belle, brune, les cheveux mi longs, un beau visage plein de grâce…
- Laissez vous aller rien qu’une seule fois. Et si je finis par vous ennuyer, vous pourrez toujours m’envoyer paître !!
- Je ne suis pas certaine que mon ami apprécierait que je sois maintenant avec vous!
- Faudra t’il qu’il finisse absolument par l’apprendre? Cet instant ne pourrait il pas devenir notre moment?
- Il faudrait lui mentir alors! Mais j’en reviens toujours au but, pourquoi lui mentirais je?
- Pour lui mentir, il faudrait déjà qu’il vous pose une question sur votre journée!! S’intéresse t’il forcément à l’ensemble de vos journée!!
- Oui, il me demande toujours comment s’est passée ma journée de travail.
- Quel serait donc le rapport avec votre travail, je vous parle de votre vie, de cet instant que nous partageons tous les deux; Vous ne pouvez vous résumer à votre journée de travail.
- Vous êtes spécial.
- Je l’espère en effet!! Prenez donc le temps de vivre un peu avec moi. Je vous promet que vous ne serez pas déçue!
- Pourquoi pas…j’ai quatre heures à vous consacrer. que me proposez vous?
- Je me propose alors de vous consacrer tout mon intérêt, toute ma passion, et faire que ces quatre heures soient pour vous cet instant suspendu tant désirable.
- Désirable…?
- Oui ce n’est ni opportun ni important mais le fait est que cet instant devient pour moi le reflet coloré du désir que vous éveillez en moi.
- A quoi bon ce désir si il reste insatisfait?
- A quoi bon désirer seulement les choses qui nous sont accessibles, que devient le rêve?
- Vous ne serez donc jamais en couple…tout devient alors accessible…
- Je ne pense pas, tout devient accessible si tant est que vous laissez toutes choses accessibles. A quoi bon que l’autre connaisse tout de vos espoirs, de vos craintes et de vos égarements.
- Cela s’appelle être honnête, tout simplement.
- Cela s’appelle l’ennui de soit, l’ennui de l’autre, laissez lui donc la possibilité de découvrir tout cela!
- Avons nous le temps de prendre tout cela en considération…?
- Quel temps, le votre, le sien, le mien…tout découvrir et ensuite? Que reste t’il?
- La confiance simplement!
- Celle qui finit par nous ennuyer de l’autre…celle qui rend morne et sans surprise toute relation humaine?
- Vous préférez alors qu’on se méfie de vous?
- Je préfère que l’on puisse se méfier de ma personne plutôt que de tout en connaître. Avoir confiance en moi, pourquoi faire…
- Pour vous aimer peut être? la confiance est nécessaire pour
- Nécessaire pour être serein…la sérénité n’est pas gage de vie, l’incertitude, la défiance, la recherche, la réflexion, le recul sont la base de la vie pour moi…
- Pour vous peut être mais pas la majeure partie des gens!!
- Cette majeure partie vous intéresse t’elle?
- Je ne sais pas, je ne la connais pas.
- Vous voyez donc que peut importe confiance ou méfiance, si vous ne connaissez pas la personne cela ne change rien!
- Juste simplement donner l’envie de connaître.
- Vous êtes là pourtant, avec moi…
- Vous êtes charmant…
- Ne me décevez pas, cela ne peut en aucun cas me convenir…je ne vous charme pas, votre intérêt est ailleurs. Le seul intérêt valable est de vous faire voyager ailleurs.
- Vous ne manquez pas d’aplomb…certainement trop d’ego pour me plaire;
- Quel ego, celui de vouloir vous plaire? Celui de vouloir vous toucher et de faire que par ce moment partagé vous ne puissiez désirer qu’une seule chose de moi?
- Quelle chose?
- Celle de vous ravir à votre quotidien et de faire que ces quatre heures, qui ne sont plus que trois, deviennent un ravissement!!
- Un ravissement…mon quotidien l’est déjà peut être…que m’apporteriez vous de plus?
- Ce n’est pas du plus que je pourrais vous apporter mais c’est du surplus que je pourrais peut être vous dévêtir.
- Nous y voilà, seulement le fait de me dévêtir vous intéresse !
- Pas seulement, mais j’en serais pleinement heureux…pour quelques heures, car vous me fuiriez ensuite…
- Pour quelles raisons? Vous pourriez être la rencontre d’une vie, vous ne vivez à priori que pour ces instants,
- Ephémères certainement…laissez moi vous voler un baiser…
- Nous y voilà…
- Pourriez vous le désirer si j’étais tout autre?
- Je ne pourrais pas le désirer si vous étiez un autre.
- Venez tout contre moi, que je puisse vous sentir…faites que mes mains enfin puissent délicatement se poser sur vous…
- Que me diriez vous si nous étions deux?
- Deux? Nous ne sommes qu’un en cet instant…
- Viens mon amour, le jeu est terminé…Rentrons à la maison et fais moi l’amour…
- Qui êtes vous? J’espérais tant de cet instant…vous si belle, moi si las…



Prose

Il aurait pourtant fallu que le temps, enfin, sache nous absoudre
Pour tant de maladresse, tant de menus mensonges…
N’oublie pas qu’hier encore sur ton corps ma main se posait, fébrile
Mais sereine, tandis qu’elle tremble maintenant de ne savoir t’aimer.

Que reste t’il donc à nous offrir pour que de cette fiévreuse pâmoison,
Nous sachions faire que nos corps s’ébattent à nouveau à l’unisson?
Il était beau pourtant ce voyage que nous nous promettions,
Sans barrière, sans atour et sans aucun retour morne possible.

Battons nous ma chère, rompons ces douces clameurs factices
Et ses silences assourdissants, pour que de nos pâles simulacres
S’éveillent une réalité nouvelle, un instant vague d’éternité.
Je cesserai  alors de geindre et vous essuierez vos pleurs.

Je ne crains plus de me perdre…
Ma fuite est belle.



Plasticine

Georges a la quarantaine…vieux garçon par fatalité, plutôt laid et mal fagoté… Il laissait sa vie passer lentement, de façon ennuyeuse, sans vraiment y prendre garde mais délaissant tous les plaisirs même les plus quelconques.
Las, le regard mirant toujours les pieds des gens qu’il pouvait malencontreusement croiser durant ses longues journées mornes d’esclave sociétal, il traversait son présent sans se préoccuper de son avenir.

Il travaillait comme manutentionnaire dans une société dans laquelle il pouvait passer aisément inaperçu…il n’avait quasiment pas de contact avec ses collègues de travail, des simples bonjours, quelques conversations banales pour alimenter le bastringue… Ces collègues ne pensaient rien de lui, ni bien, ni mal, une certaine indifférence entourait son existence. Il était habitué à cette situation et cela ne le dérangeait plus. Il passait ses journées de travail sans envie aucune, il déjeunait de manière automate, entouré pourtant de discours animés sur les femmes, le foot… Il pourrait pourtant y participer car il était plutôt intelligent, et avait une culture éclectique, mais ce partage entre inconnu ne l’intéressait pas. Son monde lui était suffisant et de cette autosuffisance vide il se complaisait pleinement…

Les femmes. Il ne les connaissait pas. Il ne les fuyait pas. Sa laideur banale rendait ses regards inutiles, ses paroles insipides et ses sourires factices. Il aimait les regarder. Il aurait aimé pouvoir les toucher, caresser leur peau, embrasser leur âme mais il s’évaporait littéralement aux moindres soubresauts féminins, à un quelconque intérêt à son égard, il détournait son regard ou le faisait ployer vers le sol noir…Pourtant il serait un conjoint idéal, gentil, à l’écoute, doux et calme…mais pour le connaître, il aurait fallu tout d’abord dépasser cette laideur…qu’il traînait avec lui comme les bovins traînent leur charrue, fermement enchaîné à cette dernière, il ne savait se défaire de ce lien physique et fuyait son prochain de peur qu’on ne le blesse.

Il aimait lire car les livres ne le jugeaient pas et il pouvait facilement vivre les vies qu’il n’osait même pas rêver. Il parcourait le monde à travers les images télévisuelles. Il traversait sa vie tel un mirage obséquieux et morne…silhouette embrumée et vide. Pourtant il aurait aimé vivre. Pourtant il ne voulait pas mourir. Pourtant il s’éveilla par une fraîche rosée matinale.

Son existence bascula avec Sophia. La belle Sophia.
Il croisa son regard dans une boutique et depuis lors il ne pouvait faire sortir son doux sourire de son crâne infécond. Il passait maintenant régulièrement devant cette boutique, quelque fois, il pouvait l’apercevoir…souvent il passait là pour rien mais la perspective possible de poser à nouveau son regard sur elle, suffisait à sa joie quotidienne. Cette mécanique dura plusieurs semaines. Il changeait tandis que les jours s’égrenaient. Il entrevoyait un monde de possibles…une existence dans laquelle il serait tout autre. Il souriait maintenant. Il prononçait plus de trois mots à ces collègues. Il appelait ses parents. Son monde inaudible s’écroulait et son râle de vie montait des profondeurs abyssales dans lesquelles il s’était si longtemps terré.

Il passait et repassait devant la boutique. Son quotidien était réglé par ces multiples passages, il était maintenant certain que Sophia l’avait remarqué à travers la masse. Il prenait soin de se vêtir avec goût, de coiffer comme il pouvait sa tignasse brune, de raser de près cette peau lui servant de masque et qu’il aurait tant aimé arracher avec force. Sa laideur pourtant n’était plus un obstacle le séparant d’elle. Elle semblait en être indifférente car seul son sourire apparaissait sur son visage tandis qu’il arpentait avec joie et fierté les quelques mètres de trottoir donnant face à la boutique… Ces pas étaient pour lui sa marche triomphale…et tous les jours il s’enhardissait un peu plus. Frôlant le verre glacé de la devanture, faisant demi tour tel un danseur d’opérette. Il existait…

Et enfin un Samedi après midi, il eut le courage de pénétrer dans sa boutique, son avenir était ainsi scellé à elle. Il fallait qu’il lui parle, il fallait simplement qu’il puisse la sentir près de lui, humer son parfum, s’imaginer encore tout autre.
Un vendeur vint vers lui tandis qu’il passait la porte d’entrée.
« Enfin vous vous êtes décidé à rentrer, nous nous demandions si vous le feriez un jour!! J’ai donc gagné mon pari grâce à vous!! »
Il ne répondit pas, il avançait d’un pas sûr vers elle…il se mit près d’elle et s’en réfléchir, il commença à parler…tout doucement pour que personne ne puisse entendre ces mots, réservés pour elle.
Le vendeur le regardait faire. Il semblait interloqué de tant d’aplomb. Georges sentait ce regard et il comprit vite que le jeune homme devait envier sa prestance nouvelle. Il ne vit pas alors son sourire narquois…mais tout ceci n’était pas grave et même si Sophia ne répondait pas à ses propos, ses yeux si parlants suffisaient pour rendre à Georges tout cet espoir qui l’avait si souvent fuit…

Il ne sait plus combien de temps cette conversation privée avait duré. Mais il avait dû avoir une certaine éloquence car Sophia ne déclina pas son offre de dîner qu’il lui proposa pour le soir même. Il était heureux. Il dû néanmoins acheter quelques articles au vendeur pour le temps passé et peut être la gêne occasionnée…sa gêne à lui, en aucune façon la sienne.
« Je n’ai jamais rencontré une personne comme vous, pourtant des gens spéciaux, j’en croise souvent ici »
Georges ne prêta aucunement attention à ses propos, qu’il prit pour de la jalousie… Sophia était maintenant avec lui… il fallait qu’il prépare son dîner avec la plus grande attention. Il fallait qu’elle soit impressionné de tant d’intérêt à son égard. Elle était si belle. Elle était tant éloignée de sa propre laideur, tant éloignée de sa morne existence.

Elle était maintenant assise sur le canapé; Elle attendait patiemment. Georges lui racontait sa vie, même si celle-ci n’avait que très peu d’importance, il lui fallait faire ce monologue afin de passer rapidement à d’autres choses plus intéressantes. Elle était en jupe. Des bas noirs laissaient deviner de longues jambes, parfaites. Son petit haut mettait en valeur sa poitrine généreuse…ses hanches, ses fesses, ses mains, son visage, ses lèvres…tout n’était que perfection. Georges sentait monter en lui le désir, ce sentiment presque inconnu pour lui… Il lui parla de son Amour des livres, son Amour du cinéma et de l’actualité. Il pouvait se laisser aller car même si elle ne parlait pas beaucoup, il était maintenant certain de l’intérêt qu’elle lui portait. Ils dinèrent donc, Georges fut seul à boire du vin. Il était presque ivre, mais ivre d’une joie immense et nouvelle… L’ivresse le gagna peu à peu et des larmes vinrent poindre à ses yeux.
« Je suis heureux »
« J’aimerai te faire l’Amour »
« Laisses moi faire si tu le désires…j’ai tant de temps à rattraper »

Plein de délicatesse, il l’allongea sur le canapé, l’effeuillant peu à peu, découvrant avec des yeux immenses le corps de Sophia qui allait être sien. Il caressait ses jambes, embrassait son ventre tandis que les vêtements disparaissaient doucement… Il posa enfin ses lèvres sur les siennes…Et ils firent l’Amour pour la première fois.
Georges tremblait, il frissonnait tandis que son sexe pénétrait la belle…tandis que son calice rosé s’ouvrait à lui et sa corolle aussi lui semblait d’une perfection presque irréelle. Il lui susurrait des mots doux à l’oreille. Elle semblait heureuse, son sourire illuminait la pièce. Il jouit…et connut l’extase…rien ne pouvait être comme avant. Elle était avec lui, ils étaient ensemble et Georges commença alors à parler de nous quand il parlait d’elle…
« Je suis tien, tu es mienne et nous sommes notre » dit il avant de fermer les paupières.

Les semaines passèrent. Georges était heureux. Il rentrait à la maison rapidement après le travail, ramenant toujours à sa douce un petit présent. Des dessous, du maquillage, des vêtements, il voulait qu’elle soit la plus belle pour lui, pour elle et pour eux. Elle était toujours là quand il revenait du travail, elle l’attendait patiemment sans se plaindre jamais. Elle devait être profondément amoureuse, elle aussi se disait il.
Au travail, Georges commença alors à parler de sa Sophia, de sa nouvelle compagne, qu’elle était superbe, gentille et douce. Ses collègues furent un peu surpris de ce nouveau Georges, extraverti et plein d’entrain. Certains lui demandèrent des photos pour se faire une idée, d’autres lui demandèrent de pouvoir la rencontrer car Georges la décrivait comme une déesse.
Il décida alors de prendre des photos portraits de sa douce. Il ramena ce soir là, de nouveaux maquillage afin qu’elle puisse être la plus belle femme du monde. Il prit quelques clichés et le lendemain il se rendit au travail… Au déjeuner, il montra fièrement à ses collègues sa Sophia, l’amour de sa vie comme il aimait à la présenter. Ils le regardèrent tous avec des yeux éberlués. Ils le dévisageaient presque. Georges en était encore plus fier, il savait que maintenant il avait su déclencher en eux une jalousie féroce!! Lui qui n’avait connu que l’indifférence était devenu en un instant l’attention première de ses collègues. Tant et si bien qu’il continua à prendre des photos quotidiennement et il les montrait tous les jours mais à un cercle de personnes de moins en moins large. Il les dérangeait avec son bonheur affiché et avec sa superbe Sophia. Néanmoins, au bout de quelques jours, il finit par déjeuner seul, ses collègues l’ayant délaissé… Quelle fierté!! Pauvres jaloux se disait il…!!!

Un jour, il fut convoquer par son chef. Il sut tout de suite que ses collègues avaient dû cracher leur bile sur le fait qu’il avait une femme magnifique et qu’il s’amusait maintenant à les narguer quotidiennement avec ses photos…et que cela nuisait à leur travail….Tu parles, ils bandent tous les inutiles…
« Monsieur Nahon, asseyez vous s’il vous plaît » dit son responsable
« Je sais exactement pourquoi vous me convoquez, ils se sont plaints de mes photos…sachez M. Fiou qu’ils sont simplement jaloux de moi et jaloux de ma réussite amoureuse »
« Peut être, mais votre vie privée doit rester privée, je me fous de ce que vous faites quand vous n’êtes pas au travail… »
« Je comprend M. Fiou, mais je ne l’ai pas fait pour porter préjudice à la société mais simplement car ils me l’ont demandé, il voulait voir ma Sophia, ma superbe Sophia…elle est si belle et je l’aime tellement… »
« Arrêtez maintenant…donnez moi les photos et je les jèterai et je vous interdit d’en emmener de nouvelles, est ce clair? »
« Si vous voulez vous aussi la voir, il suffit de demander, ce n’est pas la peine de me les prendre pour pouvoir vous palucher avec… »
« Vous êtes fous…maintenant arrêtez ou je vous vire sur le champs, pervers que vous êtes!! »
Georges se leva, prit les photos dans sa poche…et les remit à M. Fiou. Celui ci y jeta un oeil et les jeta précipitamment dans sa poubelle, le regard noir…
« Sortez de mon bureau et je ne sais pas ce qui me retient de vous mettre un blâme »

Georges se foutait de leur regard. Il était simplement content de les voir, jalousant sa vie…tandis qu’ils croupissaient tous maintenant dans le cloaque qui était le sien auparavant…Il les narguait, affichant un sourire à tout épreuve et faisant trôner une photo de sa belle dans son casier à vêtements aux yeux de tous.

Il se dit qu’il était peut être temps de parler de Sophia à ses parents. Il leur téléphona donc et se mit à leur peindre un tableau de sa nouvelle condition de vie. Ils étaient heureux eux aussi car ils n’avaient que peu d’espoir en lui et en sa capacité à trouver une femme…Quelle ne fut pas leur surprise lorsque leur fils leur décrit la beauté plastique de sa compagne…Ils demandèrent tout de suite, si il acceptait qu’ils viennent manger chez lui afin de faire sa connaissance. Ce qu’il accepta tout de suite grâce aux plaisirs de pouvoir partager sa nouvelle existence avec ses parents et leur témoigner enfin sa gratitude de fils. Il les invita donc pour le déjeuner dominical, cher au coeur de sa maman.

Il prépara tout avec Amour, le vin cuit et le rosé comme apéritif avec des petits amuse-gueules, une salade d’endive en entrée et des cailles pour le plat principal. Il mit les petits plats dans les grands, s’habilla avec classe tandis que Sophia était déjà la plus belle du monde.
Ses parents arrivèrent à midi tapante…la ponctualité des anciens! Georges et Sophia étaient tous deux lovés dans le canapé.
« Laisse mon Amour, je vais ouvrir à mes parents…sois tranquille tout se passera bien!! » Il voulait la rassurer car il lui avait raconter les relations spéciales qu’il entretenait avec ses parents…fait d’amour vache, de tendresse cachée et de rejet commun…mais elle l’avait poussé à ce déjeuner car il fallait bien qu’ils comprennent qui il était.

« Bonjour papa, bonjour maman, entrez vite »
« Bonjour mon fils, tu es très beau!!! » lui dit sa mère.
« Maman, Papa, je vous présente Sophia, l’Amour de ma vie »
Les deux petits vieux s’assirent, interloqués, d’un côté et de l’autre de la belle…
Ils ne pouvaient dire un mot tellement la surprise était grande.
« Après la surprise, buvons un verre! Maman j’ai ton vin cuit préféré, papa un verre de ce rosé que tu affectionnes tant, Sophia un petit kir ma chérie, comme d’habitude » Tandis que Georges partit préparer son apéritif, les deux petits vieux se regardèrent et commencèrent à regarder Sophia avec les yeux des petits enfants apeurés, aux abois. « Georges vient t’asseoir près de nous, mon fils »
« J’arrive, j’arrive, une minute!!! Faites connaissance!! »
Georges vint s’asseoir et leva son verre.
« Trinquons à nous et à ma nouvelle vie, merci pour ce vous m’avez donné et apporté, maintenant vous pouvez dormir tranquille, quelqu’un s’occupe bien de moi, nous nous aimons profondément…je suis heureux tout simplement!!!! Et je vous aime!!!! Je suis apaisé maintenant grâce à l’amour que me donne Sophia. Je trinque donc à toi mon Amour! »

Les deux petits vieux restèrent bouche bée…Leur fils était donc amoureux. Leur fils était donc heureux…Leur fils était donc fou…
« Georges maintenant reste assis cinq minutes avec nous et arrêtes de courir partout »
Georges en effet, se levait, se rasseyait, allait à la cuisine surveiller la cuisson des cailles, puis se relevait pour remplir les verres vides…il ne tenait pas en place.
« Georges, explique nous calmement…que fait cette chose assise sur ton canapé…habillée comme une prostituée, du maquillage outrancier… »
« C’est ma Sophia, de quel droit vous permettez vous de lui parler ainsi et de la traiter de pute. Sortez de chez moi. Vous n’êtes plus les bienvenus. Je l’avais pourtant prévenu que vous étiez deux personnes méchantes et que vous ne m’aimiez pas…c’est elle qui m’a persuadé d’accepter ce déjeuner…Tu vois Sophia, ils n’en ont que faire de notre bonheur, ils sont pétris de préjugés, remplis de haine à mon égard car je ne les ai jamais considéré comme des parents…sortez de chez moi…!!! »

« Georges, arrêtes, tu as perdu la raison…admets le enfin et ouvres les yeux…regardes cette chose…regardes la… »

« Taisez vous…laissez nous, laissez moi, partez, partez, partez… »
Georges empoigna sa mère et la mit au sol, son père se leva et lui mit une gifle. Georges répliqua et alors qu’il s’apprêtait à abattre la bouteille de rosé sur le crâne de son père, il perdit l’équilibre et tomba de tout son poids sur Sophia.
La bouteille éclata au sol et quelques éclats l’égratignèrent… la belle Sophia… la parfaite Sophia…éclata dans un souffle…et tandis que Georges se levait précautionneusement de son Amour plastique, Sophia finissait de se vider de son air…son existence prenait fin…
Georges s’effondra alors au sol, ses genoux ensanglantés par les bouts de verre…et se mit à pleurer…arpégeant son chagrin au pied de ses parents, la dépouille plate de sa poupée finissant de geindre ses dernières expirations aériennes.
« Vous l’avez tué, vous êtes des assassins…vous êtes des monstres!! »
« Georges, mon petit, calmes toi…tout va bien, personne n’est mort…elle n’est rien… »
Nous étions en été, la baie vitrée du cinquième étage était grande ouverte et tandis que les deux petits vieux caressaient les cheveux de leur fils perdu, celui ci se releva doucement…les regarda droit dans les yeux…
« Peut importe qu’elle n’existe pas pour vous, pour moi elle était tout, mon hier, mon aujourd’hui et mon demain, vous m’avez enlevé la seule personne qui ne me jugeait pas…et avec qui j’étais heureux…je vous hais… »

Georges repoussa ses parents et prit son élan, il se jeta du cinquième étage sans un regret et sans une hésitation. Il s’écrasa au sol. Une marre de sang l’entoura rapidement…il finit comme sa chère Sophia, écrasé par le poids de son malheur soudain.



La mort

Vous pensiez tous que j’étais mort, enterré sous mon fatras de bile nauséabonde…
Il n’en est rien;
Plus solide que l’ennui je sors de ma réserve; Enfin! me diront certains d’entre vous, c’est trop tôt! pour d’autres encore à vomir mes mots et casses toi de là pauvre con! pour mes préférés!!

Je reviens tout d’abord afin de vous formuler mes voeux sincères et francs pour cette nouvelle année…et vous y croyez en plus…
Rien de plus chiant que ces voeux sacrés, ces embrassades enjouées, ces câlins anodins et ces baisers furtifs…Tellement de mondanité pour se souhaiter la même stupidité que tous les matins et tous les soirs de chacune de nos journées de merde…
Bonjour, Bonsoir, Bonne nuit, Bonne baise et bon apéritif, mes sincères condoléances…et une fois dans l’année il faut se le dire pour l’année entière…Bordel quel supplice!!
Il faut alors se terrer au sein de sa famille, entouré des siens et de ses proches amis, pour éviter les inutiles, les inconnus, les connards et les invisibles..qui viennent tout contre vous, vous donner la messe…
Meilleurs voeux, bonne année, plein de bonheur, la santé et la prospérité…va chier sale con, je ne te connais pas…
Balancez vous dans la gueule des confettis, trinquez, buvez au moins une fois dans l’année ou une fois dans votre vie…oubliez que demain sera pire qu’aujourd’hui.
Souhaitez vous une bonne année 2011 tandis que le nain de jardin vous programme déjà son échafaud budgétaire, tandis que le cloaque qui nous sert de monde se désespère de tant d’insouciance, de tant d’incompétence et de tant d’irrespect… Nous nous souhaitons aujourd’hui, nigauds que nous sommes, une année merveilleuse, il arrivera un temps ou nous nous souhaiterons une mort certaine…Alors profitez en, vos mémoires s’effacent comme la craie sur le tableau noir et tous les ans la gageure est la même…
Attendons patiemment que l’année se passe pour enfin pouvoir fêter une nouvelle année pleine d’émoi, de joie, de curiosité, d’intelligence, de culture…et merde…me voilà donc en train de vous faire la messe, pauvres incultes!!!

Jouissez un peu, voilà tout!!



Retour au souterrain

13h30 – Silver Strand Bld.
Norma déambule sur le trottoir, tournant frénétiquement la tête de gauche à droite, elle semble paniquée et perdue, elle apparaît telle une souris dans un labyrinthe de verre tentant désespérément de s’échapper en se fracassant la tronche contre des murs invisibles…
C’est la panique à Imperial Beach, pas un gramme de coke à palper, aucun revendeur au coin de la rue ou dans les ruelles sordides perpendiculaires au boulevard. Rien sur Florence Street, que dalle sur Florida.
Norma tremble, la sensation de manque commence à la submerger. Il lui faut sa putain de dose, il faut qu’elle fume son crack, elle est prête à tout pour pouvoir se défoncer. Cette merde la ronge depuis des années. Elle a une gueule détruite par la consommation excessive, elle est devenue totalement parano et comme aucun substitut n’existe pour palier le manque, elle se retrouve à errer comme une loque dans les rues pour trouver son bonheur factice. Elle ressemble à une momie; Décharnée, les cheveux sales, les dents en bataille, les cloisons nasales perforées par le crack…elle transpire littéralement le poison. N’ayant rien trouvé dans les rues et ne pouvant bientôt plus traîner sa carcasse, elle décide finalement de rentrer chez elle.

« Toujours à rien foutre » lança t-elle à sa fille dès le perron passé.
« Tu n’es vraiment bonne à rien » lui dit elle dans un souffle. Voilà bien longtemps qu’elle n’était plus mère, qu’elle n’était plus femme, elle était simplement une junkie, un sac à crack. Son appartement sur la 740 était pourtant propre, bien tenu, le frigo était certes vide mais le lieu pourrait apparaître comme l’appart d’une famille ordinaire et non le repère d’une paumée. C’était sa fille qui nettoyait, rangeait, ramassait les lambeaux de sa mère disséminés de ci de là. Elle avait quinze ans et déjà sa jeune vie était un cauchemar. Elle ne mangeait pas à sa faim, seuls les déjeuners chapardés à l’école lui permettait de ne pas crever la dalle. Sa mère avait depuis des lustres abdiqué devant sa torpeur de droguée. Elle ne faisait plus rien en dehors de se répandre sur son lit, sur le canapé, ou dans ses déjections alors qu’elle était défoncée. Sa petite fille ne la connaissait presque qu’ainsi. Aussi loin qu’elle s’en souvienne, sa mère a toujours été une paumée… alcoolo, cocaïnomane, héroïnomane et enfin le crack, la cerise sur le gateau de chite. Jamais de fric, jamais de bouffe, jamais de caresse, jamais de baiser et jamais de marque d’affection…voici le quotidien d’une jeune fille de quinze ans. Elle s’appelait Amber, la seule réussite de sa connasse de mère. Elle était jolie comme un coeur, gentille et dévouée. Comment pouvait elle s’en sortir cette pauvre gamine?

Nous étions le 5 Novembre, Amber avait quinze ans. A partir de ce jour, plus rien ne saura comme avant pour elle…

Norma n’en pouvait plus. Elle tremblait de tout son être.
Il lui fallait sa dose, elle était prête à se faire enculer par n’importe quel dealer, voir pas tous les dealers de la ville dans le seul but de s’envoyer son crack aux tréfonds de son crâne.
Sa fille était là, tentant de la réconforter avec douceur.
« Vas te faire mettre petite salope » lui envoya Norma à la figure comme seul remerciement.
Le cloaque ambulant pris alors le téléphone et appela Jeff, le dernier qui pouvait encore la dépanner…mais à quel prix.
« C’est Norma, tu peux passer, j’en ai besoin, j’en peux plus, je te sucerai hein hein je te sucerai la queue… »
« J’arrive la Norm, 20 minutes »
Alors que Norma patientait en se tordant de douleur sur son canapé de souffrance, Amber nettoyait les chiottes dans lesquels norma venait de dégueuler sa bile.
Jeff arriva enfin, un beau gaillard d’environ trente ans, bâtit comme un déménageur.

« Tu as ma dose » lui cria Norma.
« Tiens sale merde, défonces toi » lui répondit il en lui balançant un petit sachet de coke.
Elle le prit, se leva d’un bond et partit dans la cuisine pour chercher de l’ammoniaque et sa pipe à air. Elle fit chauffer la coke et l’ammoniaque et inhala le tout par la pipe…enfin sa dose, enfin sa montée…5 minutes plus tard, la descente, la chute, l’impression d’être morte…

« Tu veux que je te suce mon Jeff? »
« Avec tes dents pourris, tu vas me refiler des merdes, et franchement vu ta sale tronche, je ne risque pas de bander; Tu ressembles vraiment plus à rien ma pov Norm. »
« Baises moi si tu veux, tu peux tout me demander et je le ferai, tout, tout mon petit Jeff, il faut que tu me fournisses encore. »
« Tout… vraiment tout » répondit Jeff en tournant la tête vers la petite Amber qui regardait hébétée la loque qui lui servait de mère.
« Oui tout, tu peux même m’enculer si tu veux, regardes, regardes, j’ai encore un bon cul » lui dit Norma en baissant son jean et sa culotte jaunie et tendant ses fesses vers lui.
« Je veux ta fille » lui rétorqua Jeff en dévisageant Amber. « J’veux la baiser et tu vas regarder connasse »
Amber faillit défaillir… elle regarda sa mère apeurée, ces yeux bleus grands ouverts…
« Vas y Jeff, prends la la petite, vas y, vas y mais donnes m’en encore »
Les yeux bleus d’Amber se mouillèrent, les larmes commencèrent à couler le long de ses jolies joues roses. Jeff jeta à nouveau un petit sachet à Norma qui ne prêta même pas attention à lui lorsqu’il arracha les vêtements de sa fille en pleurs. Elle avait un corps parfait la petite Amber. Jeff s’apprêtait à poser ses mains sur son petit corps tremblant devant sa mère défoncée au crack. Il l’a viola, la baisa, son hymen se rompit durant le cauchemar…face à elle, les yeux vitreux d’une mère hagard. Jeff s’en foutait qu’elle saigne, il s’en foutait qu’elle crie alors qu’il la pénétrait avec violence en lui serrant les seins entre ses mains. Quand il en eut terminé, il l’a jeta au sol. Elle n’avait cessé de pleurer. Elle se recroquevilla en position foetale, du foutre s’échappant encore de son vagin bafoué et continua à sangloter.
« Tu n’es vraiment qu’une merde Norma » lança Jeff. « Je viendrai tous les jours t’emmener ta dose…mais que ta fille soit là, et habilles là un peu en pute, j’adore ça »
« Oui Jeff, pas de souci, viens quand tu veux »
Amber avait quinze ans et à compter de ce 5 novembre, elle devint l’objet sexuel de Jeff. Elle n’alla plus à l’école car il pouvait débarquer à toutes heures du jour ou de la nuit. Sa mère la gardait à la maison, habillée simplement d’un string et d’un petit haut transparent. Jeff venait avec une dose, la baisait sur la table de la cuisine, sur le canapé ou par terre et repartait, la laissant toujours en larmes.
« C’est rien petite conne, tu ne me sers à rien sinon » lui disait sa mère. Les grands yeux bleus ne reflétaient plus maintenant que de l’abjection.
Les doses de Jeff ne lui suffisant plus, Norma décida d’envoyer sa fille faire la tapin. Elle lui trouva une petite jupe ras du cul, un petit haut laissant deviner sa poitrine généreuse mais déjà trop lourde pour son jeune âge. Et elle l’a mit sur le trottoir de Silver Strand pour ramener de quoi acheter ses doses. Amber ne parlait plus…elle rentrait chez elle, donnait l’argent à sa mère et filait sous la douche, tentant vainement de faire disparaître les traces nauséabondes des passes du jour. L’eau pouvait être la plus bouillante possible, elle n’arrivait plus à se défaire de la honte et du dégoût qu’elle ressentait pour elle même.

Elle avait maintenant 18 ans, toujours aussi belle, mais d’une beauté glaciale. Elle ne souriait plus. Les passes quotidiennes continuaient, elle se faisait mettre par les pires dégueulasses du coin. Jeunes, vieux, beaux, sales, gras, violents…elle put profiter de l’humanité rampante, des loques et des débiles mentaux.
Un jour, tandis qu’elle tapinait sur Bay side park, elle croisa le regard d’un petit vieux. Des yeux pleins de tristesse, de crainte et de honte, elle lui sembla que son propre regard se miroitait dans ces yeux. C’était un petit vieux apeuré et gentil. Ils commencèrent à discuter.
Amber n’avait pas parlé comme cela depuis des années.
Il lui raconta comment sa femme était morte, que sa vie était un enfer depuis. Elle lui dépeint sa vie, les passes, sa mère défoncée, sa sensation de dégoût.
Ils pleurèrent ensemble, leurs larmes coulaient et ils réchauffèrent leurs coeurs meurtris en se serrant dans les bras, mêlant leur détresse et leur désespoir…
Dans un dernier sanglot, il lui raconta alors qu’il avait un fils et que ce dernier était fou et violent. Il souleva alors son pull, laissant apparaître des bleus de couleurs différentes, des entailles et des marques. Son fils le frappait souvent quand il laissait sa rage éclatée.
Le petit homme s’appelait Roy et il habitait Cherry Avenue.

Ils se virent rapidement tous les jours, profitant de ces moments de tranquillité pour épancher leur maux. Amber se remit à sourire puis à rire en compagnie de Roy. Il lui emmenait de la bouffe et des petits cadeaux…ils vécurent ainsi quelques semaines, des jours de joie dans leurs années de profond désespoir.
Un jour, Roy l’invita à dîner chez lui.
Amber rentra chez elle et considéra cette invitation comme son premier rencard. Même si il n’avait jamais été question de sexe entre eux, elle avait seulement besoin de rêver un peu. Elle rentra chez elle, se pomponna tandis que sa mère était raide défoncée sur le canapé du salon. Elle se parfuma puis se dirigea vers Bay side. Roy l’attendait, lui aussi et avait tenter de faire peau neuve pour sa nouvelle amie. Il avait mis un costume, s’était fait couper les cheveux. Il avait rajeuni pour elle. Elle arriva près de lui et lui posa un baiser plein de tendresse sur la joue. Et tandis qu’ils se dirigeaient tous deux vers la maison de Roy, main dans la main, ils rirent et profitèrent du soleil couchant pour s’imaginer être en plein bonheur. Ils arrivèrent finalement devant la maison, où était garée une splendide Buick Wilcat Gran sport noir. Une des portières de la Buick était ouverte. Roy eut alors un instant d’arrêt… On pouvait deviner une botte à l’extérieur de la caisse.
« Il faut partir, il est là… » dit dans un souffle Roy, les yeux remplis de détresse. La portière s’ouvrit d’un coup, et un jeune sortit doucement de la Wilcat. Il était très impressionnant, grand et bâtit tel un footballeur en armure.
« C’est Ellroy, il faut partir »…
Le jeune homme était son fils, le couple voulut alors faire demi tour rapidement…
« Alors papa, on se dévergonde avec une petite pute…? » lança le jeune homme.
« Laisses nous tranquilles…nous partons » répondit Roy
« Non ca va, pour une fois…de toutes manières j’ai des choses à faire, tu as la maison pour toi, papa… »
Roy se retourna et sourit…Ellroy n’avait pas appeler son père papa depuis des années…
« Ok fiston, merci »

Roy et Amber pénètrent donc dans la maison, Roy soulagé de voir que son fils était calme et Amber heureuse de pouvoir dîner avec son ami. Elle avait décidé durant le chemin qu’elle s’offrirait à Roy ce soir. Elle voulait enfin faire l’Amour…pour la première fois de sa courte existence.
Le repas se passa très bien, ils rirent, Roy était vraiment très drôle. Ils se retrouvèrent sur le canapé pour boire un petit verre.
Amber lui prit alors les mains, et les posa sur son visage, puis les fit descendre doucement vers sa poitrine, son ventre, ses bras, ses jambes. Roy rayonnait tandis que ses doigts caressaient ainsi le paradis. Elle le déshabilla lentement en l’embrassant. Elle retira ensuite ses vêtements, pour que leurs peaux puissent se toucher…
Ils firent l’amour, elle jouit…
Ils se quittèrent heureux sur le pas de la porte.
Roy ferma la porte, le bonheur dans les yeux.
Amber se sentait légère…enfin libre.
Ils devaient se revoir dès le lendemain.

Arrivée au bout de l’allée, le V8 de la Buick retentit dans le silence. La voiture se gara près d’elle.
Ellroy sortit du coupé.
« Alors ma belle, mon papa te plaît? »
« Il est vraiment adorable, oui…j’ai passé une excellente soirée, vraiment!! » répondit Amber rayonnante.
« Il est pas un trop vieux pour toi? »
« L’âge ne compte pas quand on s’aime… »
A ce moment, Ellroy changea de visage…ses yeux se remplirent de haine…ses mains se fermèrent…il parlait maintenant les dents serrées….
« De l’amour, et tu crois qu’il mérite de l’amour ce tas de merde! »
« Laisses moi, il faut que je rentre chez moi… »
Et alors qu’Amber se retourna pour partir, Ellroy lui agrippa le bras, la retourna avec violence…
« C’est moi qui décide quand tu dois partir espèce de trainée.. » « Laches moi salopard » cria Amber dans la rue sombre Ellroy abattit alors son poing sur le visage de la jeune fille et l’assomma. Elle s’effondra au sol. Roy ayant entendu le cri, sortit en courant de la maison.
« Laisses la tranquille Ellroy, ne lui fais pas de mal »
« C’est moi qui décide si tu dois aimer ou non, c’est moi qui décide si tu dois vivre ou non… »
Et alors que Roy arrivait à sa hauteur, le jeune homme le frappa si violemment au visage que le pauvre homme tomba au sol, à moitié grogui par le choc…
« Je décide que tu dois mourir, espèce de tas de merde »…Ellroy tapa à nouveau son père en plein visage pour lui faire perdre connaissance… Il les traina alors tous deux dans la maison…les ligota soigneusement à une chaise…les bâillonna et attendit patiemment leur réveil, debout… Ellroy était calme, très calme. Son père rouvrit les yeux…il vit Amber en face de lui, attachée à la chaise. Il voulut se débattre mais il ne pouvait pas bouger…il criait mais aucun son ne sortait du bâillon.
« Alors sac à merde, on se réveille enfin… » lança Ellroy…
« Tu vas souffrir salopard…je vais te faire hurler de douleur… »
« Et je vais baiser ta petite chienne… »
L’horreur était à son paroxysme.
Amber ouvrit elle aussi les paupières, ses yeux purent découvrir l’affreux spectacle…
Ellroy tapait son père avec force, des gifles, des coups de poings, des coups de pied…
Elle ne pouvait plus voir ca et tandis qu’elle gémissait, elle ferma les yeux comme pour échapper à cette mise à mort…
« Non non…tu vas regarder petite chienne…tu vas tout voir »…Ellroy planta alors des cure-dents dans les paupières de la malheureuse pour qu’elle ne puisse plus les fermer puis attacha fermement son cou, l’étranglant presque, aux barreaux de la chaise…
« Regardes maintenant, et imagines ta fin… »

Ellroy, Hellroy…les souterrains sont multiples…mais la fin identique…Amber gisait dans son sang et dans celui de Roy…les gorges tranchées jusqu’aux carotides…
Hellroy nu, allongé et recouvert du sang de ses victimes…
Il avait joui…
Plus rien ne serait comme avant…il avait vingt ans…et un monstre était né.

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Prologue du souterrain

Le Bullpen… son petit bar de prédilection… son pote Mike, son verre de Jack glace et sa blonde au bec…
Hellroy se sentait bien; Mike comme à son habitude lui déversait son désespoir clinique accoudé au comptoir, avachi comme une loque. Gentil gars, un peu con comme la plupart mais sympa. Hellroy ne l’écoutait plus depuis des lustres mais leur présence réciproque suffisait à passer quelques heures agréables. Hellroy Selby, drôle de gars au prénom pas commun… il lui vient de son père comme la buick wildcat gran sport 1966 garée devant le bullpen. Certainement tout ce qu’il lui reste de ce sac à merde, une voiture noire et un caractère bien trempé.

Aujourd’hui c’est un grand jour, le 12 Septembre, son quarantième anniversaire, et les vingts ans de la mort de son père Roy.
Ce père qui ne le désirait pas, il ne voulait pas d’enfant, il les a toujours eu en horreur, tout autant que tout ce qui marche ou rampe, il le surnommait même son gosse amer.
C’est sa mère, seule, qui a décidé de faire un gosse… petite femme invisible, fantôme d’elle même, s’excusant même de vous frôler à peine.
Cet enfant lui valu de vivre un enfer jusqu’à sa mort, qui advint neuf ans après la naissance d’Hellroy, son père ne lui ayant jamais pardonné d’avoir pris la liberté d’enfanter. Ce fils de chien lui donna donc en lieu et place d’un Roy Selby Jr académique, le doux prénom d’Hellroy… son enfer de paternité.
Sa mère n’eut pas de mal à le gruger ce sale con. Il avait pris l’habitude de la culbuter à chaque fois qu’il rentrait saoul comme un porc, la queue encore salie de ses trouvailles nocturnes. Il fallait bien avouer qu’à cette époque ses divagations étaient presque quotidiennes. Sa mère n’eut donc aucun mal à tomber enceinte. Elle due ensuite lui cacher quelques mois afin d’être certaine de pouvoir garder l’enfant.

Il faisait beau et chaud à Imperial Beach, toujours humide et un peu venteux sur la côte. Nous étions le 12 Septembre et Hellroy sirotait son Jack glace au bullpen.
Quarante ans, quarante longues années à trainer sa carcasse, quarante longues années dans sa maison de Cherry Avenue à regarder le temps qui passe.

Il faudrait peut être aller poser une fleur sur la tombe de ses parents, du moins sur celle de sa mère, et pisser sur celle de son père. Il savait pertinemment qu’il n’en ferait rien…il n’en avait rien à foutre, même si il gardait une tendresse particulière pour ce tocard de père qui l’a fait devenir finalement ce qu’il est aujourd’hui.
Sa vie à partir de ses neuf ans fut une longue plainte étouffée; Son père, devant s’en occuper seul après avoir accidentellement fait chuter sa mère dans l’escalier familial, prit le biais de l’élever à la dure…Les premiers coups débutèrent bien vite, des claques, des coups de ceinture, des gnons, une manière assez particulière pour lui apprendre la vie.
Au début, Hellroy gémissait et pleurait, son père pour le punir le foutait dans le coffre de la Buick pendant des heures. C’était pour lui apprendre à être un homme qu’il disait et non une lavette comme sa mère. Et tandis que la peau se faisait plus dure et tandis que ses plaintes se faisaient moins fortes, il apprenait à contrôler sa souffrance. Bien entendu son père redoublait d’effort pour le faire geindre, et finissait par le laisser des jours dans le coffre. Hellroy se construisait pendant ce temps. A l’âge de ces quinze ans, il ne pleurait plus, plus aucun son ne sortait de sa bouche alors que son père abattait sur lui des dizaines de coups. Il pouvait deviner à sa mine défaite et à ses yeux rouges que son silence rendait malade son père. Et la haine qui l’habitait transpirait de tout son être, de tous ses pores. Hellroy ne sentait plus la douleur, il ne ressentait plus grand chose d’ailleurs en dehors d’une même haine indicible et muette. Le coffre de la Wilcat était presque devenue sa chambre, du moins son lit. Son père n’avait plus besoin de l’y enfermer, il avait finit par y aller seul pour dormir ou lire. Ce lieu noir et désert était devenu pour lui son cocon ouaté, son petit coin d’intimité.

Son père ramenait souvent des putes à la maison. Ce gros dégueulasse leur faisait toujours passer un mauvais quart d’heure, la plupart d’entre elles finissaient avec des bleus ou du foutre sur la gueule; pour lui c’était sa manière de les posséder tout à fait. Il travaillait alors dans le bâtiment, enfin il bricolait pour pouvoir se payer sa gnôle et ses putes, il n’avait donc aucun mal à les retenir et à les brusquer avec ses bras forts. A cette époque, les pauvres filles ne portaient pas plainte, elle fermaient leur gueule, se lavaient le visage et la chatte au tuyau d’arrosage et rentraient chez elles panser leurs plaies.
Un jour, il ramena Amber. Jolie petite brune de 18 ans à peine, belles courbes, joli petit cul et poitrine bien présente. Tandis que son père l’accompagnait dans l’aller de la maison, Hellroy était juché sur la barre de coffre de la Buick. Il la trouva belle et désirable. Il l’entendit ensuite gémir alors que son père lui mettait des gifles. Ce fut la seule qui réussit à s’enfuir, elle sortit brusquement par la porte d’entrée, le temps que le sac à merde puisse remettre son calbute, Hellroy la fit se cacher dans le coffre de la caisse…dans son antre. Son père apparut enfin, rouge de colère, les poings fermés, et alors qu’Hellroy arborait un large sourire à son visage mimant la moquerie, Roy le roua de coups. Jamais il ne prit autant de châtaignes dans la gueule mais jamais il ne prit autant de plaisir à rire tandis que son père s’acharnait sur lui. Il sut alors que plus jamais son père ne pourrait lui faire de mal. Que la douleur n’existait pas si tant est qu’on ne la désire pas. Il saignait, son visage était ouvert à de multiples endroits, il devait avoir quelques côtes cassées, mais il ne sentait rien. Il était tranquille comme aujourd’hui au Bullpen.
Amber fut sa première expérience sexuelle. Tous les deux, ensemble, dans le coffre de la Buick, lui mettant du sang sur tout son corps tandis qu’il la caressait et la baisait avec fougue. Dans son sang il était devenu un Homme, dans ses larmes Hellroy naquit, il avait dix sept ans.

Son regard à partir de ce jour n’était plus le même. Son père passait près de lui, le frôlait, Hellroy gardait ses yeux fixés sur ce fils de pute. Il ne détournait plus le regard, il l’affrontait les yeux dans les yeux…son père lui mettait encore quelques gifles pour ne pas perdre l’habitude, mais il vieillissait et Hellroy était fort. Fort comme un turc ce bon Hellroy. Il mesurait alors près de deux mètre, pesait 120 kgs. 120 kgs de force et de haine. Il commença alors à se demander pour quelles raisons il acceptait encore les coups…pour quelles raisons il ne répondait pas, pour quelles raisons il ne brisait pas ce vieil enculé. C’eût été enfantin pour lui de lui rendre la pareille. Faire mordre la poussière à ce cancrelat, lui montrer enfin de quoi il était capable, qu’il ne craignait plus rien n’y personne et surtout pas ce vieil enfoiré de Roy.

Il avait vingt ans en ce 12 Septembre 1980. Il n’avait pas revu Amber depuis leur premiers ébats ensanglantés. Il la croisa par hasard dans Bay Side Park. Elle n’avait pas changé, toujours aussi bandante, toujours son joli petit cul et ses seins généreux. Elle le reconnut au premier regard et vint vers lui. Il lui proposa alors de réparer les fautes qu’avaient commises son père trois années auparavant en le châtiant. Elle devait alors encore vivre cet épisode douloureux et accepta rapidement son offre. Il lui demanda d’être chez lui à 23 heures, horaire habituel où son père rentrait à la maison après s’être pinté la gueule chez Hughes. Il lui dit qu’il laisserait la porte d’entrée entrouverte pour elle. Il l’embrassa puis il rentra chez lui, Cherry avenue, et attendit son père, non sans une certaine impatience malsaine.

Il était 22h30.
Il entendit le V8 de la Buick arriver dans l’allée.
Il était près. Il avait un bas noir sur le visage, un gros bois dans une main. Il attendait patiemment.
Son père sortit de la caisse, lentement…il titubait tandis qu’il arpentait la courte allée qui devait le mener jusqu’au porche. Il était saoul, Hellroy pouvait presque sentir son haleine cachée derrière la fenêtre de la porte d’entrée. Il serrait fort le bois dans sa main. Il sentait l’adrénaline peu à peu l’envahir, la haine lui donnait la rage nécessaire…
Il avait laissé la porte entrouverte à dessein.
Son père arriva sur la paillasson et trouva la porte ainsi entrebâillée. Il eut un instant d’hésitation mais son ivresse avait dû lui ôter tout sens critique. Il poussa la porte d’un geste désinvolte, passa la tête à l’intérieur, Hellroy abattit alors le bois sur son crâne dégarni et il s’écroula de tout son long. Il le traina rapidement à l’intérieur avec calme et l’attacha fermement sur une chaise de la salle à manger.
Il savait que la proposition faite à Amber n’allait pas forcément lui plaire au final, qu’elle ferait certainement marche arrière, mais il fallait qu’elle voit, il fallait qu’elle se rende compte de son acte, de son oeuvre parachevée pour elle.
Il l’attendit alors, de même qu’il l’avait fait pour son père.

Elle ne se posa aucune question lorsque elle trouva la porte d’entrée ouverte. Elle pénétra dans la maison, Hellroy l’assomma et la ligota sur une chaise en face de son cher papa.

Le premier à se réveiller fut son père, il ouvrit les yeux lentement, encore grogui par le coup assené par Hellroy. Devant lui se tenait son fils avec un bas sur le visage; il l’avait ignoré durant vingt années, tellement ignoré en dehors des coups qu’il ne le reconnut pas…Amber était assise en face de lui, à deux mètres, le visage recouvert par une serviette de bain. Roy grommelait, traitait son agresseur de fils de pute, lui demandait ce qu’il lui voulait…Hellroy restait muet et immobile devant lui. Amber après quelques minutes se réveilla enfin. Sous sa serviette Hellroy l’avait bâillonné en sachant parfaitement qu’elle crierait…chose qu’elle fit tout de suite bien entendu…mais ses cris se murèrent dans le linge… Quel sens pouvaient finalement être le plus effrayant se demanda Hellroy. Il se pencha sur le visage d’Amber, lui caressa la nuque et lui susurra alors à l’oreille… »écoutes et entends ce qu’il t’aurait fait il y a trois ans… » Elle gémit, bougea sur chaise tentant de se libérer, ne sachant quoi penser certainement…étais ce elle finalement qu’il allait se faire châtier? Hellroy se releva et se dirigea lentement vers son père…laissant chacun de ses pas lourds se poser sur le tapis. Quelle ne fut pas sa joie quand il vit apparaître la terreur dans les yeux de son père.

Il se pencha vers lui, lui qui n’avait ni entendu ni jamais écouté sa voix douce et lui murmura dans un souffle « apprends maintenant à souffrir »… Il pouvait entendre crier Amber sous son bâillon, il pouvait sentir trembler son père attaché à la chaise et lui ne ressentait qu’une chose…la joie, certainement pour la première fois de sa vie de merde. Il commença alors à mettre des gifles à Roy, lentement, pesant chacune d’entre elles comme pour mieux profiter de l’instant. Il le frappa encore et encore toujours du même côté pour que la douleur soit de plus en plus insupportable. Le visage de Roy commençait lentement à se tuméfier, son oeil droit se fermait peu à peu sous les coups. Amber criait toujours, les plaintes étouffées faisaient ressurgir tous les souvenirs d’Hellroy et il frappait de plus en plus fort. Petit à petit il ferma inconsciemment la main, et son poing se mit à s’abattre sur le profil droit de son père. Hellroy était frénétique, il frappa encore et encore, si bien que son père, le visage entièrement défait tomba dans les pommes. Hellroy s’arrêta net. Il ne voulait pas frapper un animal à terre, il voulait que Roy puisse profiter pleinement de ce moment. Il alla alors vers Amber et lui baissa légèrement le linge afin que seuls ces yeux apparaissent.

Il y vit la détresse, la peur, la souffrance, toutes ces sensations qu’il ne connaissait plus…il les vivra désormais à travers un spectateur. Il s’agenouilla près d’elle et retira le bas de son visage. Il lui dit simplement « tu vois je t’avais promis de le châtier, c’est chose faite. Maintenant profites pleinement de l’épilogue car tu ne verras plus rien d’aussi beau demain »… Hellroy remplit alors un seau d’eau dans la cuisine et le jeta sur son père. Roy ouvrit un oeil, le seul encore à même de s’ouvrir… Hellroy se baissa près de lui…pour qu’il puisse le voir… »sale fils de pute, enfant de catin » lui lança Roy dans des postillons sanglants…Hellroy lui mit alors la main sur la bouche en lui serrant si fort que les tuméfactions de son visage éclataient en gerbe de sang. Hellroy ne quittait pas ses yeux de l’oeil de son père, il voulait qu’il ressente sa toute puissance nouvelle. Il s’approcha lentement de son oreille, encore une fois, et lui dit doucement avant de l’arracher avec les dents « Merci mon père, regardes moi, et soit heureux de ce que je suis devenu par toi »… Hellroy lui avait mis finalement une chaussette dans la bouche tant Roy gémissait comme une truie qu’on égorge…

Amber était livide et tentait désespérément de détourner le regard de ce spectacle ignoble. Hellroy lui attacha fermement le cou à la chaise afin qu’elle puisse profiter pleinement de son opéra macabre. Elle pleurait…
Hellroy alors arracha un à un les ongles des doigts de Roy…avec calme et lenteur…
Hellroy lacéra le corps de Roy de dizaines de coups de couteau, effleurant seulement la peau pour que le sang coule… Roy ressemblait à une fontaine de sang, l’hémoglobine coulait de part et d’autre de son visage, son corps, ses membres étaient un vaste champs de bataille… Roy ne pouvait plus crier après qu’Hellroy lui ait arraché la langue… Roy ne pouvait plus marcher après qu’Hellroy lui ai brisé les genoux avec sa batte en aluminium à l’effigie des San Diego Padres.

Amber après avoir tenté de garder les yeux fermés durant les supplices, se retrouva avec des cure dents plantés dans les paupières pour qu’elle garde les yeux grands ouverts.
Hellroy était couvert de sang. Transpirait, bavait comme un animal sauvage.

Son père ne pouvait plus grand chose…le jeu devenant inintéressant pour Hellroy, il retira d’abord le linge du visage d’Amber, traîna la chaise de son père jusqu’à elle.
Les deux protagonistes de cette pièce macabre se retrouvaient maintenant côte à côte, partageant la même terreur.
Hellroy les laissa ainsi 2 minutes, son père malgré tout finit par reconnaître la jeune femme…une larme coula sur sa joue perforée par un clou…
Hellroy se dirigea jusqu’à la cuisine et revint avec un couteau de cuisine.
Hellroy trancha la gorge de son père en allant bien profond pour couper les carotides…il souleva en poids son père et la chaise pour que le sang puisse se répandre sur le corps d’Amber. Il lui arracha alors ses vêtements et recommença pour que son corps entier soit couvert du sang de Roy…. Amber tremblait, gémissait, criait, mais ne se débattait plus…elle avait comprit que depuis le début elle était déjà morte…
Hellroy lui trancha alors la gorge, retira rapidement ses vêtements, détacha son corps de la chaise, s’allongea et mis le corps nu d’Amber tout contre lui, laissant les sangs se mêler et oindre son propre corps…
Hellroy tremblait maintenant et il finit par jouir…blancheur immaculée sur le rouge sanglant…

Hellroy ne pouvait plus être un autre …

Et tandis que Mike lui racontait sa vie, un sourire se dessina sur son visage, une dernière gorgée de whishy et il se dit qu’anniversaire ou pas il était temps de remplir à nouveau le coffre de la Buick…

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Scène unique, l’oubli…

Paul Bretogne……………………………..        Le mari ;

Jacqueline Bretogne, née De la Muette…… La femme ;

 

Un salon de la demeure de la famille Bretogne, luxueusement décoré de plusieurs meubles en bois : un bar se trouve à la droite de la scène, on peut y deviner facilement diverses bouteilles trônant sur ses étagères ; Deux canapés en cuir se trouvent au centre de la pièce misent en valeur par un magnifique lustre en cristal ; Un superbe miroir ovale est accroché au mur gauche de la scène jouxtant une porte à deux battants en bois noir.

 Scène première et unique

Madame Bretogne est assise sur l’un des deux canapés, entre son mari…

                                                             Le mari.

Vous voilà à nouveau allongée sur ce maudit canapé, faudra-t-il que nous nous asseyons ensemble pour qu’enfin il ne me semble plus que ce canapé prend peu à peu place au lit conjugal ?

                                                            La femme.

Cessez mon cher de vouloir me donner mauvaise conscience, cela est très certainement un jeu délectable pour vous, mais à moi il en devient détestable. Occupez-vous au contraire à me servir un verre, je me sent aujourd’hui de très bonne humeur, ne venez donc pas me la ternir avec votre mauvais esprit coutumier.

                                                           Le mari.

Vous m’avez dit un verre pour trinquer à votre humeur joyeuse, il me semble cependant que cette joie de vivre vous est également routinière ces dernières semaines à moins que ce ne soit seulement le verre qui …

                                                           La femme.

Seriez vous jaloux de ne pas trinquer avec moi ? Si ce n’est que cela versez vous également de ce vin généreux et que son ivresse, ensemble nous fasse nous élever.

                                                           Le mari.

Il est vrai que je la jalouse cette bouteille, celle là même qui a remplacé mes bras pour vous servir d’appui-tête, et qui semble peu à peu vous éloigner de moi.

                                                           La femme.

Ne pleurez pas mon cher et tendre mari. Je vous trouve très mélancolique cette après-midi, cette bouteille m’est tout de même moins importante que vous et pour vous faire plaisir je ne boirai pas ou seulement de l’eau pour ne pas mourir de soif.

                                                           Le mari.

Cela me va très bien, je pourrai alors vous accompagner.

                                                          La femme.

Faites donc, et qu’enfin cette journée nous soit à tous deux agréable.

                                                          Le mari.

Voilà, ma chère.

M. Bretogne tend à sa femme un grand verre de citronade; Le spectable de la pièce est une bourgeoisie cossue laissant deviner des négligences de ménage: poussière recouvrant les meubles, marques de verre sur le bar…

                                                          La femme.

Merci. Où sont donc passés les enfants, je ne les ai pas vu depuis ce matin, seraient-ils sortis sans nous avertir ou sont-ils encore partis dans leur grande discussion inutile ?

                                                          Le mari.

Tous les jours me poserez vous cette question, tous les jours me donnerez vous à penser que vos souvenirs s’estompent peu à peu…?

                                                          La femme.

Mes souvenirs sont tout de même plus jolis que les vôtres… vous souvenez vous de leur jeune âge, leur course folle dans le jardin, les baisers que nous échangions, l’amour qui transpirait de  nos pores…

                                                          Le mari.

Je me souviens mais hélas vous oubliez la réalité, vous…

                                                          La femme.

Ne me tourmentez pas et laissez moi, laissez moi vivre ses souvenirs, votre présent n’est qu’horreur, votre futur est pire encore..

                                                          Le mari.

Mon présent est réel, notre vie est réelle, arrêtez donc…

                                                          La femme.

Cessez!!! je ne veux plus en entendre d’avantage, la bouteille finalement me convient mieux que vous, elle ne me juge pas…

                                                           Le mari.

Oui mais vous vous déjugez avec elle… vous m’aviez promis de ne plus vivre ainsi, que…

                                                          La femme.

Je ne vis pas, je survis mon cher tandis que vous paradez… je ne peux plus vous sentir près de moi, je ne veux plus sentir vos mains posées sur moi, vous transpirez l’allégresse…

                                                          Le mari.

Tandis que vous empestez ce mélange détestable d’alcool et de mélancolie futile…vous pensez que je parade, j’essaye simplement de vous faire sortir de votre grotte, je tente vainement de vous faire à nouveau m’aimer

                                                         La femme.

Mon amour pour vous s’est éteint…Il ne renaîtra plus, l’étincelle a disparu…je voudrais juste que les enfants soient là près de moi; Appelez les et partez!

                                                         Le mari.

Vous êtes lamentable…nos enfants sont morts et ils ne reviendront plus, nos enfants sont morts, morts et tous les jours je les pleure alors que je parade comme vous dites si bien.

                                                         La femme.

Laissez moi maintenant, ils seront bientôt là…

Le mari quitte la pièce, la femme se lève lentement et se dirige vers le bar…elle prend un verre et se serre une grande rasade de scotch qu’elle avale d’un trait…Elle s’accoude au bois, sa tête se pose sur avant bras et elle pleure…

 

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Devenir

Et tandis qu’il titube…vous le regardez tomber, mordre la poussière; un homme à terre vous fait certainement penser que vous êtes meilleurs, que vous avez gagné le droit d’être alors que vous n’êtes que des proches du rien, du vide, de l’Absolu nullité, vous devez être l’Homme finalement…
Si vous vous donnez le droit d’être, je vous retire celui de devenir; Que je gagne ma tranquillité face à votre stupidité stérile.

Il s’appelle Jean et aujourd’hui il vous méprise…Il n’est plus apôtre, il n’est plus respectable, il ne saura plus être tout ce qui vous fait bander…le copinage, la facilité, la mesquinerie, la fausse éloquence de tribuns inutiles, le désir d’arriver…tout ceci se termine aujourd’hui…Enfin il apprend à vomir ce que vous êtes…des inutiles, des cancrelats, des besogneux… Vous tendez à devenir tout ce qui vous est détestable, par souci d’homogénéité…Vous êtes de fervents contradicteurs de l’uniformité…et pourtant …pourtant rien plus que votre homogénéité n’aspire à faire des Hommes de puissants somnifères intellectuels…mais courrons, tous ensemble, courrons et fermons les yeux!!

Il s’appelle Jean et il vous tuera…certainement comme les autres; Votre rêverie s’arrêtera nette tandis qu’il fera de votre fugue, votre dernier cauchemar. Allez y, fuyez…mais il finira toujours par mettre sa main autour de votre cou, il finira toujours par vous faire taire, même si il y a déjà bien longtemps qu’aucun son ne sort de votre bouche nauséabonde.

Il s’appellera demain Pierre car il existera toujours…
Il vous hantera toujours car heureusement votre conscience existera demain…et même si aujourd’hui vous lui faites honte…elle vous pardonnera.

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